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Le sens de la vie Étude de psychologie individuelle. Traduction de l’Allemand par le Dr. H. Schaffer en 1950 - səhifə 5

Psychologie Individuelle.
L'effondrement dans la névrose devient, sous la pression incessante des
facteurs extérieurs qui exigent une préparation à la coopération, de plus en
plus fréquent, de même que le suicide considéré comme le retrait idéal, en
même temps que la condamnation parfaite des exigences de la vie avec une
intention plus ou moins rancunière. L'ivrognerie, comme truchement pour se
soustraire par une attitude asociale à des exigences sociales, de même aussi
les toxicomanies, sont des tentations auxquelles l'homme dépourvu de
sentiment social, en fuite devant les problèmes sociaux, au moment où ils se
présentent avec une force accrue, ne pourra que difficilement résister. Lors-
qu'on a suffisamment d'expérience dans ce procédé on pourra toujours démon-
trer chez ces sujets le grand besoin de se faire dorloter et d'avoir une vie
facile. La même chose est valable pour un grand nombre de délinquants chez
lesquels on constate clairement dès l'enfance un manque de courage à côté
d'un manque de sentiment social dans le domaine de leur activité. Il n'est pas
étonnant que les perversions se manifestent aussi plus souvent à cette période;
elles sont attribuées à l'hérédité par les pervers eux-mêmes et par beaucoup
d'auteurs qui considèrent les manifestations perverses de l'enfance comme
innées ou comme acquises à la suite d'une expérience vécue, alors qu'elles
apparaissent manifestement comme les marques d'une éducation mal dirigée,
et toujours en même temps con-une le signe évident d'un sentiment social
défaillant, qui d'ailleurs s'extériorise d'une façon suffisamment claire par
d'autres aspects de leur comportement (Adler, Problem der Homosexualität,
Leipzig).
Le degré de sentiment social est encore mis à l'épreuve à l'occasion des
relations maritales, de la conduite de la profession, des affaires, de la perte
d'une personne aimée, lors de laquelle l'individu éprouvé désespère du monde
entier, bien qu'il ne s'y soit jamais intéressé auparavant en aucune façon ; à
l'occasion de revers de fortune, de déceptions de toutes sortes, circonstances
dans lesquelles l'individu qui a été trop choyé se montre impuissant à redres-
ser la situation et à la maintenir en harmonie avec la communauté entière. De
même, pour beaucoup la perte d'une place les jette dans le désarroi et les
oblige à agir dans un sens anti-social, au lieu de les inciter à s'unir à la
communauté pour venir plus aisément à bout de conditions défavorables, par
une action concertée.
Je voudrais mentionner encore une dernière épreuve, la peur de la
vieillesse et de la mort. Elles n'effrayeront pas celui qui est convaincu de son
immortalité dans l'image de ses enfants et dans la conscience de sa
contribution à la civilisation croissante. Mais très souvent la peur d'un anéan-
tissement absolu s'extériorise par une déchéance physique rapide et un
ébranlement psychique. On trouve souvent des femmes particulièrement frap-
pées par leur superstition des dangers de la ménopause. Celles surtout qui
estiment la valeur de la femme non pas d'après le degré de la coopération,
mais d'après la jeunesse et la beauté, souffrent d'une façon extraordinaire,
adoptent souvent une attitude hostile comme pour se défendre contre une
injustice et tombent dans un état de dépression qui peut aboutir à une mélan-
colie. Il n'est pas douteux, à mon avis, que le niveau actuel de notre

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civilisation n'a pas donné aux hommes et aux femmes d'un âge déjà avancé la
place qui leur est due ; place qu'un droit évident devrait leur réserver ou tout
au moins leur donner la possibilité de se créer. Malheureusement à cette
période se manifeste chez beaucoup une limitation de la volonté de collabora-
tion. Ils exagèrent leur importance, veulent tout savoir mieux que les autres,
s'obstinent dans un sentiment de frustration et contribuent ainsi à créer cette
atmosphère, que depuis longtemps peut-être ils ont toujours crainte.
Après avoir acquis une certaine expérience, et après mûre réflexion, il
deviendra clair à chacun que nous sommes constamment mis à l'épreuve,
acceptés ou rejetés par les problèmes de la vie quant à notre degré de senti-
ment social.

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Le problème du corps et de l'âme
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Il est hors de doute aujourd'hui que tout ce que nous appelons le corps
montre une tendance à devenir un tout. D'une façon générale l'atome peut être,
de ce point de vue, comparé à la cellule vivante. Tous deux possèdent des
forces latentes et manifestes, qui déterminent en partie les contours et la déli-
mitation du corps, en partie aussi la formation d'autres éléments. La différence
fondamentale réside certes dans les échanges nutritifs de la cellule en
opposition à la faculté de l'atome de se suffire à lui-même. Le mouvement à
l'intérieur et à l'extérieur de la cellule et de l'atome ne présente pas de diver-
gences fondamentales. Les électrons ne sont jamais à l'état de repos et une
tendance à l'arrêt, comme Freud le postule dans sa conception du désir de la
mort, ne se trouve nulle part dans la nature. Ce qui les distingue de la façon la
plus claire, ce sont les processus d'assimilation et d'excrétion de la cellule
vivante qui donnent lieu à l'accroissement, à la conservation de la forme, à la
multiplication et à la tendance vers une forme définitive idéale 
1
.
Si la cellule vivante, peu nous importe ici son origine, avait été placée
dans un milieu idéal qui lui ait assuré sans peine une conservation éternelle -
condition inconcevable, il faut l'avouer - elle serait restée constamment identi-
                                                  
1
 
Voir Smuts,Wholeness and  Evolution, Londres.

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que à elle-même. Sous la pression de difficultés, qu'on peut imaginer dans les
cas les plus simples comme purement physiques, ce que nous appelons sans le
comprendre le processus vital s'est trouvé contraint d'avoir recours à quelque
remède. Parmi les innombrables variétés présentes dans la nature, comme cela
se voit certes aussi chez l'amibe, se rapprochent davantage du succès les
individus mieux pourvus, capables de trouver une meilleure forme et par là
même une meilleure adaptation au milieu. Depuis des milliards d'années que
la vie existe sur cette terre, il y a eu manifestement assez de temps pour per-
mettre au processus vital de former des êtres humains à partir des cellules les
plus simples et également pour laisser périr des myriades d'êtres vivants qui
n'étaient pas de taille à s'opposer à la puissance d'agression de leur entourage.
Dans cette conception qui réunit des vues fondamentales de Darwin et de
Lamarck, il faut considérer le « processus vital » comme une tendance dont la
direction est maintenue, dans le courant de l'évolution, vers un but éternel
d'adaptation aux exigences du monde extérieur.
Dans cet effort vers un but qui ne rend possible ni terme ni repos, étant
donné que manifestement les exigences et les problèmes imposés par les
forces du monde extérieur ne pourront jamais obtenir une solution définitive
de la part d'êtres qui ont été créés par elle, a dû se développer aussi cette
faculté qui, suivant l'angle sous lequel elle est considérée, est appelée âme,
esprit, psyché, intelligence, et qui inclut toutes les autres « facultés psychi-
ques ». Et bien que nous nous mouvions sur un terrain transcendantal lorsque
nous considérons le processus psychique, nous pouvons, fidèles à nos convic-
tions, soutenir que l'âme, appartenant au processus vital et à tout ce que nous
incluons en lui, doit présenter le même caractère fondamental que la matrice,
la cellule vivante dont elle est issue. Ce caractère fondamental se trouve en
premier lieu dans l'éternel essai d'arriver à un règlement avantageux avec les
exigences du monde environnant, de vaincre la tendre à une forme finale
idéale, et conjointement forces physiques préparées dans ce but au cours de
l'évolution, d'atteindre, par une influence et une aide mutuelle, un but de
supériorité, de perfection, de sécurité. Comme dans le développement évolu-
tionnaire du corps, la direction du développement psychique est constamment
orientée pour arriver à surmonter les difficultés par une solution juste des
problèmes que le monde extérieur nous pose. Chaque solution erronée, résul-
tat d'un développement physique ou psychique inadéquat, démontre son
impropriété par l'échec qui petit mener jusqu'à la suppression et l'extermi-
nation de l'individu égaré. Le processus de l'échec peut dépasser l'individu et
nuire à ceux qui lui sont associés, à sa descendance, et entraîner dans les pires
difficultés les familles, les tribus, les peuples et les races. Comme toujours
dans l'évolution, ces difficultés peuvent, après avoir été surmontées, mener
souvent à de grandes réussites, à un plus grand pouvoir de résistance. Mais
une multitude de plantes, d'animaux et d'êtres humains sont devenus victimes
de ce processus d'auto-épuration cruelle. Ce qui, aujourd'hui, paraît résistant
en moyenne, a momentanément surmonté l'épreuve 
1
. Il résulte de cette con-
ception que dans le processus physique nous avons affaire à un effort pour
maintenir le corps, suivant son activité, dans un état d'équilibre approximatif
pour pouvoir affronter victorieusement les exigences du monde environnant,
ses avantages et ses inconvénients. Si on considère un côté seulement de ce
                                                  
1
 
Voir Adler, Heilen und Bilden, Munich.

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processus (d'une façon unilatérale) on arrive à la conception d'une « sagesse
du corps » 
1
. Mais le processus psychique aussi est obligé d'avoir recours à
cette sagesse qui le rend plus apte à résoudre favorablement les questions du
monde environnant et à maintenir activement un équilibre constant entre le
corps et l'âme. Dans une certaine mesure, le degré évolutionnaire pourvoit à
cet équilibre; tandis que le but de supériorité trouvé dans l'enfance, le style de
vie, la loi dynamique de l'individu pourvoient à son activité.
La loi fondamentale de la vie est donc le triomphe sur les difficultés.
L'instinct de conservation, l'équilibre physique et psychique, le développe-
ment somatique et psychique et la tendance à la perfection lui sont soumis.
Dans l'instinct de conservation sont inclues : la compréhension et la
faculté d'éviter le danger, la procréation comme voie évolutionnaire pour la
survivance d'une participation corporelle au-delà de la mort, la collaboration
au développement de l'humanité, qui conserve d'une façon immortelle l'esprit
de ses collaborateurs et le rendement socialisé de tous ceux qui ont pris part à
la réalisation de tous les buts indiqués.
Le miracle de l'évolution est manifesté dans le perpétuel effort assuré par
le corps, pour en même temps conserver, compléter et remplacer tous les
éléments nécessaires à sa vie. La coagulation du sang en cas de blessure,
l'équilibre largement assuré de l'eau, du sucre, du calcium, des matières albu-
minoïdes, la régénération du sang et des cellules, l'action harmonieuse des
glandes endocrines sont les produits de l'évolution et démontrent la force de
résistance de l'organisme en face des agressions extérieures. Le maintien et le
renforcement de ce pouvoir de résistance est le résultat d'un vaste brassage
sanguin, dans lequel des défauts seront atténués, des avantages retenus et
accrus. Là aussi la socialisation des êtres humains, la collectivité ont participé
victorieusement. L'exclusion de l'inceste n'était donc rien de plus qu'une
évidence dans la recherche de la socialisation.
L'équilibre psychique est constamment menacé. Dans sa tendance à la
perfection, l'homme est en permanence dans un état de tension psychique et il
est conscient des faibles moyens dont il dispose pour atteindre le but de la
perfection. C'est uniquement le sentiment d'avoir atteint un degré satisfaisant
dans sa tendance à s'élever qui peut lui procurer le sentiment de la quiétude,
de la valeur, du bonheur. L'instant suivant son but l'attire de nouveau plus
loin. Là il devient clair qu'être un homme signifie posséder un sentiment
d'infériorité qui exige constamment sa compensation. La direction de la
compensation recherchée est mille fois aussi diverse que le but de la perfec-
tion recherchée. Plus profondément est ressenti le sentiment d'infériorité, plus
impérieux sera le désir de compensation, et plus violente sera l'agitation
émotionnelle. Mais l'assaut des sentiments, les émotions et les états affectifs
ne restent pas sans influence sur l'équilibre physique. L'organisme, par les
voies du système nerveux végétatif, du nerf vague, des modifications endoc-
riniennes, subit des changements qui ont leur répercussion dans la circulation
sanguine, les sécrétions, le tonus musculaire et sur presque tous les organes.
Comme phénomènes passagers ces manifestations sont naturelles, elles se
montrent seulement différentes dans leur apparence, suivant le style de vie du
                                                  
1
 
Voir Cannon, The wisdom of the body, New York.

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sujet. Si elles persistent, on parle de névrose organique fonctionnelle. Comme
les psychonévroses, elles doivent leur apparition à un style de vie qui, dans le
cas d'un sentiment d'infériorité plus marqué, montre une tendance à battre en
retraite devant le problème auquel l'individu est confronté, et à assurer cette
retraite par le maintien des symptômes de choc organiques ou psychiques qui
ont été déclenchés. Ainsi s'extériorise le processus de l'âme dans l'organisme.
Mais aussi dans le domaine purement psychique donnant lieu à toutes sortes
d'échecs psychiques, à des actions et des renoncements qui sont hostiles aux
exigences de la société.
Inversement l'état organique exerce une influence sur le processus psychi-
que. Le style de vie se façonne, suivant notre expérience, dans la première
enfance. L'état organique héréditaire présente à cette occasion la plus grande
influence. L'enfant réalise, dès qu'il commence à se mouvoir et à agir, la
validité de ses organes corporels. Il la réalise, mais ne sait ni l'exprimer, ni la
concevoir par des mots ou des concepts. Comme d'autre part la prévenance de
l'entourage est essentiellement différente, ce que l'enfant ressent de ses possi-
bilités de rendement restera toujours inconnu. Usant d'une grande prudence et
disposant de l'expérience d'une probabilité statistique, il est permis de con-
clure, d'après notre connaissance de l'infériorité des organes, de l'appareil
digestif, de la circulation du sang, de l'appareil respiratoire, des organes à
sécrétion interne, des glandes endocrines, des organes des sens, que l'enfant
réalise le poids de l'effort à faire, dès le début de son existence. Mais la ma-
nière d'après laquelle il essaye de résoudre au mieux ce problème, ne pourra
être comprise que d'après ses mouvements et d'après ses efforts. Car ici toute
considération causale n'est d'aucun secours. Ici se manifeste à l'œuvre la force
créatrice de l'enfant. S'agitant dans l'espace presque illimité de ses possibilités,
l'enfant subit un entraînement à force de tentatives et d'erreurs et s'engage
dans une voie largement tracée vers un but de perfection qui semble lui offrir
la réussite. Qu'il se démène activement ou garde une attitude passive, qu'il
commande ou bien se soumette, qu'il soit sociable ou bien égoïste, courageux
ou lâche, quelles que soient ses variations de forme et de tempérament, qu'il
soit facilement excitable ou bien indifférent, l'enfant décide du destin de sa
vie entière et développe sa loi dynamique en harmonie, comme il le suppose,
avec son entourage. Le progrès, la marche vers un but de réussite est différent
pour chaque individu et varie avec chacun dans de multiples nuances, de sorte
que ne peut être indiqué que ce qui est typique dans chaque cas; pour les
différences individuelles force est d'avoir recours à des descriptions détaillées.
Sans le savoir que lui apporte la psychologie individuelle, l'individu lui-
même peut rarement indiquer avec netteté la direction que prend son chemin,
souvent même il la décrit tout à l'opposé. C'est la connaissance de sa loi
dynamique qui d'abord nous renseigne. Grâce à cela nous découvrons son but,
la signification des formes d'expression qui peuvent être des mots, des pen-
sées, des sentiments ou des actions. A quel point le corps est soumis à cette loi
dynamique, c'est ce que révèlent certaines tendances de ses fonctions, une
forme de langage souvent plus expressive que les mots, plus clairement signi-
ficative, mais tout de même un langage du corps, et que j'ai appelé le « jargon
des organes ». Un enfant, par exemple, qui se conduit d'une façon obéissante,
mais qui mouille son lit la nuit, manifeste ainsi l'opinion qu'il répugne à se
soumettre aux exigences de notre civilisation. Un homme qui prétend être
courageux, qui peut-être même croit à son courage, démontre tout de même

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par son tremblement et par l'accélération de son pouls qu'il a été troublé dans
son équilibre psychique.
Un femme mariée, âgée de 32 ans, se plaint de violentes douleurs autour
de l'œil gauche et de diplopie qui l'oblige à garder l'œil gauche fermé. C'est
depuis onze ans que la malade présente ces accès ; le premier remonte à l'épo-
que de ses fiançailles. L'accès actuel date de sept mois, les douleurs disparais-
sent par moment, la diplopie reste constante. La malade attribue ce dernier
accès à un bain froid et croit avoir fait l'expérience que les précédents étaient
provoqués par des courants d'air. Un frère cadet souffre d'accès identiques
avec diplopie, à la suite d'lune grippe, sa mère aussi. Les douleurs pouvaient
au cours des accès antérieurs être ressenties autour de l'œil droit ou passer
d'un côté à l'autre.
Avant son mariage elle enseignait le violon, se produisait dans des con-
certs et aimait sa profession à laquelle elle a dû renoncer depuis son mariage.
Elle vit actuellement, pour être plus près de son médecin, prétend-elle, dans la
famille de son beau-frère et s'y trouve tout à fait heureuse.
Elle dépeint sa famille, en particulier son père, elle-même et plusieurs de
ses frères comme excitables et coléreux. Si nous ajoutons - ce que découvre et
confirme l'interrogatoire - qu'ils sont autoritaires, nous voyons que nous avons
affaire à ce type que j'ai décrit comme étant enclin à la céphalée, à la migrai-
ne, à la névralgie du trijumeau et à des accès épileptoïdes (voir Pratique et
théorie de la psychologie individuelle, trad. franç. Payot, Paris).
La malade se plaint aussi d'envies fréquentes d'uriner qui se présentent
toujours lorsqu'elle est en état de tension nerveuse, à l'occasion de visites ou
de rencontres avec des personnes étrangères, etc.
Dans mon travail sur l'origine psychique de la névralgie du trijumeau, j'ai
insisté sur le fait que dans les cas dépourvus de fondement organique on ren-
contre toujours une tension affective augmentée qui se manifeste clairement
par toutes sortes de symptômes nerveux, comme ceux que nous avons juste-
ment constatés, et qui, par excitation vasomotrice ainsi que par l'excitation du
système sympathico-surrénalien, peut provoquer à des points de prédilection,
très probablement grâce à des modifications de l'irrigation sanguine, des
symptômes tels que la douleur, mais aussi des manifestations paralytiques. J'ai
aussi émis l'opinion que des asymétries du crâne, de la face, des veines et des
artères, trahissent probablement des asymétries similaires à l'intérieur de la
calotte crânienne, dans les méninges et le cerveau, lesquelles intéressent sans
doute les voies et le calibre des veines et artères de cette région ; les fibres
nerveuses et les cellules montrent peut-être même dans un des deux hémis-
phères cérébraux un développement plus faible. Une attention particulière
devrait être donnée aux voies des troncs nerveux qui certainement asymétri-
ques eux aussi, peuvent se montrer comme étant trop étroits sur un côté du
crâne, en cas de dilatation des veines et des artères. On peut constater d'après
la couleur de la peau du visage et, en cas de colère, d'après les veines du front
devenues saillantes, que le remplissage des vaisseaux change au moment des
émotions, surtout de la colère, mais aussi à l'occasion de la joie, de la peur et
du chagrin. Il y a lieu de supposer que de pareilles modifications se produisent

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aussi dans les couches profondes. Il faudra encore de longues recherches pour
éclaircir toutes les complications qui entrent en jeu à cette occasion.
Or si nous arrivons dans ce cas à déceler non seulement la prédisposition à
la colère due à un style de vie autoritaire, mais aussi le facteur exogène précé-
dant l'accès, plus violent qu'aucun de ceux éprouvés jusqu'alors, si nous
pouvons constater la tension psychique permanente depuis la première enfan-
ce, le complexe d'infériorité et de supériorité, le manque d'intérêt pour les
autres, l'égocentrisme présent non seulement dans sa vie actuelle mais aussi
dans ses souvenirs et ses rêves, si de plus nous obtenons un succès par le
traitement dans le sens de la psychologie individuelle, peut-être même un suc-
cès durable, alors on aura apporté une preuve encore plus probante, que des
maladies telles que la céphalée nerveuse, la migraine, la névralgie du
trijumeau et des accès épileptoïdes, là où des troubles organiques font défaut,
pourront être amenés à une guérison peut-être définitive par une modification
du style de vie, par une baisse de la tension psychique, par un élargissement
du sentiment social.
L'envie impérieuse d'uriner à l'occasion de visites nous fournit déjà l'image
d'une personne trop facilement irritable et nous montre que l'envie d'uriner, de
même que le bégaiement et d'autres troubles et traits de caractère nerveux, tel
le trac, sont dus à un facteur exogène : la rencontre avec d'autres personnes. A
cette occasion il faut aussi envisager l'accentuation du sentiment d'infériorité.
Celui qui a une certaine connaissance de la psychologie individuelle aperce-
vra ici facilement la dépendance de l'opinion des autres et par conséquent
l'aspiration accentuée vers l'affirmation, c'est-à-dire vers une supériorité per-
sonnelle. La malade déclare elle-même ne pas s'intéresser aux autres. Elle
prétend ne pas être craintive et pouvoir parler avec d'autres sans difficultés,
mais dépasse de loin la mesure par son bavardage et me laisse à peine prendre
la parole, ce qui est un signe certain de sa tendance à une autoreprésentation
exaspérée. Dans le ménage elle est bien la personne qui commande, mais elle
échoue devant l'indolence et le besoin de repos de son mari qui travaille dure-
ment et qui rentre tard à la maison, fatigué et guère disposé à sortir avec sa
femme ou à poursuivre une conversation avec elle. Quand elle doit se pré-
senter devant un public, elle a le trac. À la question posée, considérée par moi
comme étant de grande importance, sur ce qu'elle ferait si elle était guérie -
une question dont la réponse démontre nettement en face de quel problème le
malade recule -la malade répond d'une façon évasive en faisant allusion à ses
perpétuelles céphalées. Au niveau du sourcil gauche se trouve une profonde
cicatrice, suite d'une intervention sur le sinus ethmoïde, intervention qui a été
rapidement suivie d'autres accès de migraine. La malade soutient fermement
et avec opiniâtreté que le froid sous toutes ses formes lui est nuisible et qu'il
peut provoquer les accès. Néanmoins elle avait avant le dernier accès pris un
bain froid, qui, comme elle l'affirme, déclenche promptement l'accès. Les
accès ne sont pas précédés d'une aura. Parfois le début de l'accès est accom-
pagné de nausées, mais pas toujours. Elle a été sérieusement examinée par
différents médecins qui n'ont pas constaté de modifications organiques. L'exa-
men radiologique du crâne, l'examen sanguin et urinaire se montrèrent
négatifs. Examen de l'utérus : infantile, avec antéversion et antéflexion. J'ai
souligné dans mon étude sur l'infériorité des organes 
?


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